Mystérieuses cités d’Angkor

Les premiers rayons du soleil, dorés, peinent a pénétrer la végétation dense des banians et autres arbres exotiques. Il est 7h30 et je suis presque seul à Ta Prohm, un des multiples monuments du site archéologique d’Angkor. Ta Prohm est la meilleure représentation de ce qu’étaient les ruines d’Angkor lorsqu’elles ont été découvertes par les occidentaux.

Ta Prohm, c’est aussi mon temple préféré, sûrement parce que je me sens un peu Indiana Jones lorsque je me perd dans le dédale de galleries, de couloirs, d’amas de pierres.

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De grands arbres (ficus, banians…) sont juchés ça et là sur ces ruines, tels d’immenses pieuvres géantes, entrelacements de racines gigantesques qui ont pris, il y a quelques siècles, entre deux pierres où s’était sûrement accumulé un peu de terre fertile.

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Je suis touché par l’énergie qui règne en ce lieu.

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À Angkor, comme au Machu Pichu ou dans les cités Maya du Mexique, cette puissance frappe le visiteur, s’il écoute et qu’il n’est pas rivé sur son Selfie-stick.

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L’homme a façonné des empires, des temples cités où vivaient des dizaines de milliers d’habitants, des réservoirs grands comme des lacs. Les dieux étaient vénérés, la nature pliait sous la force de l’homme, tout en étant respectée. Puis la nature reprit le dessus, recouvrant de végétation un patrimoine culturel qui allait sombrer dans l’oubli pendant des siècles.

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« Le voyage rêvé est image. Le voyage vécu est sensation. » Jean-Christophe Rufin dans La salamandre.

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Difficile de décrire le levé de soleil sur Angkor Vat, mes déambulations dans les galleries du Bayon, la montée des marches millénaires, les pierres qui chauffent au soleil couchant, la sensation de l’écorce sous mes doigts, les bruits de la nature…

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Classé à l’Unesco, Angkor attire les foules. C’est chouette de se dire que ce patrimoine peut être visité par un nombre croissant de personnes, et que les fonds générés permettent restauration, numérisation 3D et protection.

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Mais pour y avoir passé 4 jours, je constate malheureusement qu’une grande partie des visiteurs est uniquement motivée par les selfies et autres photo en tenu de soirée qu’il pourront afficher sur les réseaux sociaux. Voir ou ressentir ? Regarder ou comprendre ?

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Tandis qu’à chaque gopura, les portes d’accès situées aux quatre points cardinaux des temples cité, Brahma nous présente ses quatre faces, il y a aussi la face cachée d’Angkor Vat.

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Les enfants qui vendent cartes postales et guides photocopiés, les ballades à dos d’éléphants et leurs grands yeux tristes, les mines antipersonnel qui hantent encore les forêts les plus reculées, les dégradations des gravures des visiteurs irrespectueux, le développement incontrôlé de Siem Reap, l’air irrespirable en partie à cause des déchets qui sont brûlés à même le sol…

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J’aurais visité Angkor en touctouc avec Tina et Rory, puis en vélo tout seul, sous 40 degrés.

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À cette période, en attendant le nouvel an Cambodgien qui marque le début de la saison des pluies imminentes, les douves et réservoirs d’eau sont au plus bas.

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L’air est sec, chargé de poussières. Alors entre chaque visite, je me plonge dans la piscine de mon hostel, parfois avec une bière. Ici l’ambiance est à la fête entre occidentaux et je ne me sens pas dans mon élément. La fin du voyage approche et je suis méditatif plus que festif.

Après Siem Reap et les temples d’Angkor, je prend la direction de Phnom Penh où m’attend un autre rendez vous avec l’histoire des Khmers, un visage plus sombre de l’histoire récente du Cambodge. Mais aussi la découverte d’une capitale jeune, dynamique et polluée comme on les aime. J’y retrouverai Elena et sa dengue ainsi qu’une bande de jeunes expats amateurs de tequila.

3 commentaires

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  1. jldx32015 · avril 13, 2016

    Superbe reportage! Et spleen de fin de voyage…Tu t’en fous, tu repartiras.

  2. DIET Marie-Christine · avril 13, 2016

    Quel bonheur, de te lire. L’émotion est transportée par tes mots qui résonnent justes. Tes photos transporte la lumière du lever du soleil, sentent la poussière, et les couleurs portent le mystère.
    Merci pour ce témoignage et ce voyage auquel je suis invitée par tes yeux !

  3. Croz Geneviève · avril 13, 2016

    J’ai éprouvé la même émotion en visitant des temples du Vietnam, à l’écart d’une restauration clinquante et pas toujours heureuse livrée à des hordes de touristes avides d’images colorées. L’âme d’un pays habite des lieux hors des entiers battus qui se méritent. Le Vietnam te réservera encore de beaux moments vibrants. Tu te nourriras longtemps encore de ce que ce long voyage a réveillé en toi!